Guinée : Des acteurs de la société à l’école de l’UNFPA sur la question des MGF

0
627

Dans le cadre de renforcement des capacités des acteurs de société guinéenne, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a organisé un atelier de restitution  des voyages  d’études des leaders religieux, femmes leaders, parlementaires et professionnels des medias Guinéens le mercredi 23 novembre 2016, dans un respectif hôtelier de la place à Conakry.
Dans sa présentation, Madame Makalé Traoré, présidente de la COFIG a déclaré que cette journée est une journée de dialogues, d’échanges sur les questions de population, de violences basées sur le genre, sur la planification. Selon elle, les femmes, les autorités et particulièrement les autorités religieuses sont importantes dans la lutte contre les MGF.
Parlant des contextes et justifications, elle affirme ceci : « les indicateurs de Santé Maternelle et Néonatale sur la planification familiale sont très bas en Guinée. La mortalité maternelle est à 724 cas de décès sur 100 000 naissances vivantes. La prévalence contraceptive est de 5,6%. Les besoins non satisfaits en planification familiale restent à hauteur de 24%. La persistance de la pratique des mutilations génitales (excision) est de 97% en 2012 ce qui met notre pays au deuxième rang mondial après la Somalie.
Pour Mme Traoré, de nos jours, il est démontré que les insuffisances en matière de planification, des mutilations génitales contribuent à la morbidité, à la mortalité maternelle et néonatale de même que les déterminants de la pauvreté. « Malgré des efforts louables par le gouvernement et ses partenaires pour répondre aux besoins des femmes qui représentent dans notre pays, 52% de la population active. En  particulier pour lutter contre les MGF et promouvoir  l’espacement des naissances, l’utilisation des méthodes contraceptifs, il y a encore d’importantes insuffisances à combler dans ce domaine ».
Selon elle, l’objectif de ces voyages d’études et de ces ateliers est de contribuer au changement de comportements des communautés guinéennes en matière de santé et de développement à travers l’implication des leaders nationaux et communautaires  dans la promotion de la santé maternelle et néonatale, de la planification familiale et la lutte contre la mutilation génitale.
A en croire la Dame, « Approcher  l’interaction des  liens entre l’islam, la santé de reproduction, la lutte contre les mutilations génitales et la planification familiale. Il s’agit d’amener les leaders religieux, femmes leaders, parlementaires et professionnels des medias faire un dialogue constructif sur la position de l’islam par rapport aux questions de mutilations génitales, planification familiale et de santé de la reproduction ».
Au nom de son institution, le représentant de l’UNFPA en Guinée, Cheick Fall s’est réjoui de prendre la parole à cet atelier regroupant les leaders religieux, les femmes leaders, les parlementaires et professionnels de medias et les cadres des départements ministériels. Selon lui, les expériences vécues en Indonésie,  Tunisie et  en Egypte par  la commission dont la restitution se fait aujourd’hui  devra servir au Guinéens pour un changement de comportement des Guinéens, faire avancer l’implication des religieux dans les programmes de réduction de la mortalité maternelle et néonatale en Guinée.
« Les fessions religieuses sont des organisations de la société civile dont la légitimité en ce qui concerne l’éducation, l’orientation et l’établissement  du code de bonne conduite de leurs concitoyens ne fait l’objet d’aucune controverse. Ces confessions contribuent à l’éducation sur tout ce qui est en rapport avec les conditions de vie, mais aussi la manière de vivre en société. Les idées dans ces confessions servent de références, de guide spirituel dont l’assistance est vivement sollicité à des occasions par les populations » a-t-il ajouté
Avant de dire : « Ils sont respectés, crédibles et représentent une solution indéniable pour atteindre ces populations. Ils sont associés comme acteurs privilégiés par le gouvernement, mais également par des partenaires dont l’UNFPA. Le rôle des leaders religieux dans la santé de reproduction n’est plus à démontrer  et c’est cela que nous voulons avoir ici dans notre pays la Guinée».
De son côté, le Secrétaire General des Affaire religieuses, Elhadj Abdoul Karim Dioubaté a rassuré l’assistance de l’implication des religieux dans ce combat.
Devant ses coreligionnaires, il a dit : « Les questions de développement durables dont celle de la santé de reproduction, les violences basées sur le genre, l’excision et les droits de l’enfant sont essentiellement prises en compte dans l’islam. L’islam est un système féodal et dynamique qui régit tous les aspects de la vie ».
Il a par ailleurs indiqué que le voyage de certains leaders religieux dans les pays comme la Tunisie, l’Egypte et l’Indonésie sont des acquis pour la consolidation de la lutte que l’Etat et ses partenaires mènent depuis des décennies pour  l’amélioration réelle de la vie des populations. « Le planning familial qui est l’espacement des naissances est bien autorisé en islam. Les versets du saint coran et les hadists du prophète Mohamed en font foi », conclut-il.

LEAVE A REPLY